Audrey's door, de Sarah Langan

Gagnant du Bram Stoker award du meilleur roman publié en 2009, Audrey's door raconte l'histoire d'une jeune architecte new-yorkaise qui emménage dans un édifice à l'architecture issue du naturalisme chaotique, un style architectural doublé d'une étrange religion. L’immeuble s'avère être un portail vers un autre monde, auquel il ne manque pour accéder qu'une porte. Après une rupture avec son chum, des problèmes à son travail, des troubles obsessifs compulsifs et une relation difficile avec sa mère bipolaire, Audrey n'a pas une vie facile.

Pourtant, son regard laisse filtrer une candeur qui m'a séduit. Le personnage de Audrey est attachant et c'est par son prisme que l'on vit la majorité du roman. Langan a une voix propre et j'ai l'impression qu'Audrey est sur beaucoup d'aspects son avatar littéraire. Au fil du roman, on apprend à connaitre Audrey et on découvre son dur passé. Malgré cela, Langan imprègne sa prose d'un humour tout particulier qui souligne joliment les éléments plus graves et le côté humain des personnages, dont la psychologie est fort bien étayée. Beaucoup d'événements tristes sont décrits, mais ça ne devient jamais déprimant. Le style de Langan est dense et, à l'instar du naturalisme chaotique, elle décrit un monde réaliste dans toutes ses aspérités. Les titres de chapitres sont à la fois incongrus et justifiés.

Audrey's door est une histoire d'horreur tranquille sans trop d'effusions de sang, même s'il y en a quelques-unes. À plusieurs reprises, j'ai senti de délicieuses sensations de peur pour les personnages. Tout au long de ma lecture, le roman de Langan s'est immiscé dans mes pensées au même titre que son appartement hante Audrey. Une belle réussite d'horreur littéraire.

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